The human skin in contemporary art

Marsyas Mythos - Sammlung Carola und Günther Ketterer-Ertle - The human skin in contemporary art - La peau dans l'art contemporain
The human skin in contemporary art, Musée de la Main Lausanne, 2012, Frantiček Klossner, Marsyas, Sammlung Carola und Günther Ketterer-Ertle

La peau dans l'art contemporain

„Changer de peau“, „faire peau neuve“, „entrer dans la peau d’un autre“: le langage témoigne de la conception de la peau comme porteuse d’identité et de la volonté démiurgique de l’Homme de la re-créer. La peau est ici une métaphore de la vie. Notre enveloppe cutanée, comme le tableau, fonctionne comme un lieu d’inscription important de ce que nous projectons d’être. Dès le XVe siècle, dans les écrits sur l’art, le mot „incarnat“ désigne la couleur de la peau. Il fait également référence au devenir chair ou substance, avec parfois une connotation religieuse. A l’image de Dieu, l’artiste, plus qu’un simple artisan, devient créateur. Il anime son oeuvre, crée de la chair avec de la couleur. Il donne corps et vie à une idée.

Dans la mythologie grecque, les défis artistiques lancés aux dieux coûtent parfois littéralment la peau. Pour avoir osé rivaliser avec Apollon, le satyre Marsyas, musicien hors pair, se fait écorcher vif. Ce n’est sans doute pas un hasard si cette scène a inspiré de nombreux peintres. Parce qu’il insuffle à l’oeuvre sa force vitale, l’auteur craint peut-être d’y laisser sa peau. Si l’artiste prête vie à sa création, il y appose également la marque de son époque. C’est ainsi à fleur de peau que l’on peut lire les conceptions anatomiques, médicales, philosophiques, anthropologiques ou encore les désirs et les tabous. Le regard habille toujours la peau et tout corps, même nu, est façonné par les modes et la perception qu’en une sociéte.

 


Marsyas Mythos



Musée de la main Lausanne

Sammlung Ketterer Ertle