Frantiček Klossner / Mess Up Your Mind

Video Art / Videokunst / Kunsthaus Grenchen / Switzerland / Multi Channel Installation
Frantiček Klossner, Videokunst, Mess Up Your Mind, Kunsthaus Grenchen, 2001

Das Kommunikationsgefüge kollabiert

Karin Mundt zur Ausstellung im Hartware Medienkunst Verein HMKV, Dortmund, NRW, 2004

Frantiček Klossners Videoinstallation setzt die Dekonstruktion des Subjekts auf radikale Weise in Szene. Mit einer für militärische Zwecke entwickelten Hochgeschwindigkeitskamera, die mehr als 5000 Bilder pro Sekunde erzeugt, har er Closeups von menschlichen Gesichtern aufgenommen, die, in extremer Zeitlupe dargestellt, beim Ausatmen ihre geschlossenen Lippen durch die ausströmende Luft vibrieren lassen. Die Bilder sind mit einer ähnlich irritierenden Tonspur von verzerrten Sprachfetzen unterlegt. Durch die Zerlegung flüchtiger Bewegungen in ihre minimalen Bestandteile, die zunächst an wissenschaftlich-analytische Forschungsmethoden erinnert, erzeugt Klossner monströs verzerrte Video-Portraits. Das Gesicht als Bedeutung und Identität stiftende Fassade des Subjekts entgleitet scheinbar der Kontrolle, individuelle Züge verflüssigen sich und werden unlesbar: Das Kommunikationsgefüge, in das Mimik und Sprechapparat wie selbstverständlich gestellt werden, kollabiert. An seine Stelle tritt die ungebrochene Obszönität der neun riesigen Closeups, die von der unmittelbar physischen Wirkung der sich öffnenden und schliessenden leuchtend roten Münder getragen wird.


Mitwirkende: Reto Andreoli, Marc Graf, Boa Baumann, Bernhard Bischoff, Benno Burkhardt, Dolores Denaro, Aude Einstein, Sacha Erhard, Ben Fay, Sandra Gianfreda, Gerhard Johann Lischka, Andrea Loux, Oliver Martin, Gwendolyn Masin, Brigitte Morgenthaler, Alexander Tschäppät, Christine Szakacs, Ruben Wyttenbach


Mess Up Your Mind

Corinne Roll / Berner Zeitung BZ / 30. Mai 2001 / zur Ausstellung im Kunsthaus Grenchen

Franticek Klossner involviert sein Publikum in eine Kunstbetrachtung der besonderen Art. Vollkommen umgeben von insgesamt neun wandfüllenden Videoprojektionen, werden die Besucherinnen und Besucher sozusagen vom Werk aufgefressen. Riesige Mäuler, bebende Lippen und feuchte Zungen schlagen uns wie eine stürmische Meeresbrandung von den Wänden entgegen. Die heftigen Bilder entstanden im Freundeskreis des Künstlers unter Verwendung von Hochgeschwindigkeitskameras der Schweizer Armee. An die 50 Mitwirkende haben mit ihren Lippen in eine solche Kamera geblubbert, tief eingeatmet und die Luft zwischen zusammengepressten Lippen ausgestossen. In der Verlangsamung der High Speed Aufnahmen werden Bewegungen sichtbar, die von blossem Auge sonst nicht erkennbar sind. Die Gesichter scheinen sich aufzulösen. Was wir normalerweise als Gesicht zu kennen glauben, zeigt sich in ganz neuer und überwältigender Form. Die Blubbermäuler, die dem Besucher sozusagen um die Ohren geschlagen werden, sind akustisch begleitet von Klossners Texten, den "Appunti Spezzati", den "Unterbrochenen Notizen", die das Ohr zusätzlich in Beschlag nehmen.

Mit dem Titel der Videoinstallation Mess Up Your Mind, bezieht sich der Künstler auf ein Wortspiel aus seiner Zeit in New York, wo er im Künstleratelier der Stadt Bern einen Stipendienaufenthalt verbracht hatte: "In den New Yorker Medien war der Slogan omnipräsent "Make Up Your Mind" (Bilde dir deine Meinung). Ich verdrehe diesen Slogan in ein absurdes Gegenteil: Mess it Up... bring dir deine Meinungen durcheinander. Überprüfe sie ! Stürz dein Denken ins kreative Chaos.“

Und tatsächlich stürzen uns seine Bilder in ein Chaos von Gefühlen und Erstaunen. Was er uns mit dieser 9 Kanal Videoinstallation präsentiert, geht direkt unter die Haut. Wir können uns der unmittelbar körperlichen Wirkung in keiner Weise entziehen. Die Ästhetik seiner Bildwelten ist faszinierend und erschreckend zugleich. Im Kunsthaus Grenchen erleben wir "Klossner total". Unter den Mitwirkenden, deren Lippen uns im Kunsthaus so überwältigend entgegenschlagen, sind auch Persönlichkeiten wie der Kulturphilosoph Gerhard Johann Lischka, Christine Szakacs vom Bernischen Historischen Museum und der Gemeinderat Alexander Tschäppät vertreten, der beim Anblick des Werks seinen Gefühlen und jenen der Zuschauer Ausdruck gibt: "Franticek schafft es, durch die Deformation und durch das Experimentieren mit ganz alltäglichen Geschehnissen Verwirrung zu stiften".


Entre la science et l’art plastique

Stéphane Gachet / Espace Flon Lausanne, 2002

Le portrait n'est pas un écueil de la représentation, „Mess Up Your Mind“ renouvelle le genre en analysant le visage au ralenti, à l'aide d'une caméra d'examen balistique. Ce travail s'inscrit dans l'œuvre de Franticek Klossner, artiste transmédia, à la fois dans l'exploration du corps et le recours à la haute technologie. L'artiste ainsi qu'une quinzaine de personnalités et amis ont prêté leurs traits à la réalisation des portraits-vidéo. L'action est simple: les participants sont placés face à la caméra sous un éclairage violent (la prise de vue au ralenti nécessite beaucoup de lumière) avec pour seule consigne de souffler. La caméra n’enregistre plus des impacts de projectiles, mais l’éclatement des bouches sous la pression du souffle, à 5000 images par seconde.

 

La caméra cadre la partie inférieure des visages dont les bouches se libèrent d’un souffle contenu, lèvres pincées, grandes ouvertes ou toute langue dehors. Le souffle ralenti par le dispositif technique révèle la plasticité de l'apparence. Dans l’anonymat des gros plans nous pénétrons une réalité repoussante. „Mess Up Your Mind“ aurait sa place dans un cabinet des curiosités. C’est une fabrique de „gueules“, une collection de grimaces, de portraits déformés et gluants.

Des convulsions labiales aux sécrétions salivaires, le ralenti extrême ne laisse échapper aucun détail. Le visage est secoué de tremblements, les chairs se déforment, s'agitent dans un rythme incessant. Des lèvres élastiques s‚étirent comme des babines, écartelées sous la pression de l'air. Les intimes muqueuses de la cavité faciale se dévoilent, rosées et humides. Les joues se gonflent comme des baudruches ridicules. La langue apparaît parfois entre les dents, complétant la panoplie buccale.

 

Rien n’est fixe, le visage, la peau, observés au microscope, ou plutôt au chronoscope dévoilent une souplesse insoupçonnée. L’apparence ne se maîtrise pas, elle n’est pas une valeur refuge mais fluctue au gré d’une réalité heureusement pour nous normalement imperceptible.

Nous sommes dans le cabinet du docteur Franticekenstein, qui opère sur des sujets bien vivants. La caméra remplace le scalpel et la dilatation du temps engendre des monstres. Le résultat est une intervention presque chirurgicale qui anime le visage d’expressions imprévues. Franticek et ses amis se livrent à un petit jeu „le plaisir de faire des grimaces“ et deviennent les cobayes d’une expérience plastique. Les participants sont les victimes d'un traitement „ludico-masochiste“ qui les rend monstrueux.

 

La défiguration est un aspect important du travail de Franticek, chez qui le corps est souvent maltraité, traversé de rayons, pénétré d'endoscope, tatoué, fondu, déformé, etc. Dans „Mess Up Your Mind“ le temps est le moteur de la transformation. Le temps comme la peau se dilate et se relâche sous le ralenti qui engendre d'innombrables variations formelles. Les secondes passées devant la caméra deviennent des minutes pendant lesquelles les moindres mouvements sont perceptibles.

 

On prend littéralement le temps de souffler. La lenteur devient un mode de production artistique, un instrument privilégié d'investigation et d'auscultation du corps. La plastique humaine, dont les transformations se mesurent généralement sur une longue durée, s’observent dans l’instantané. Les mouvements fugaces trahissent notre nature élastique, la mobilité incontrôlable de notre apparence, miroir déformant de notre identité. Les figures de transition de „Mess Up Your Mind“ démontrent que la maîtrise de notre image n'est qu'un leurre. La peau n'est qu'une frontière imprécise, une barrière molle qui bat aux vents.

L'oeuvre invite à mettre le désordre dans son esprit en le laissant vagabonder comme le paysage facial agité des turbulences du souffle. Les „gueules“ de „Mess Up Your Mind“ reflètent l’entreprise physiologique de Franticek, une vision à la frontière entre la science et l’art plastique. Cette vision qui n'épargne rien, du comédon au fil de bave, est une expérience ludique, entre le jeu des formes du visage et la poésie de la grimace.

 

(Stéphane Gachet, Espace Flon Lausanne, 02.01.2002)